LES
EXCES DE LA PEUR |
Celles que l'on appelle les " Sorcières de Salem " furent, comme leurs juges et leurs bourreaux le reconnurent eux-mêmes tardivement, des " Martyres de l'erreur ", je dirais aussi de la bêtise humaine.
Jusqu'au 16ième siècle, les procès de sorcières n'étaient pas chose rare. Des tribunaux ecclésiastiques ou autres avaient tôt fait de condamner une personne simplement différente, pour, après les tortures légales et normales pour l'époque, l'expédier " ad patres ".
Le village de Salem, à vingt milles de Boston dans l'Oregon, était en 1692 une triste et pauvre bourgade, habitée de puritains, des hommes à cheveux plats et grands chapeaux dont le fanatisme religieux et l'intolérance étaient sans pitié.
Les dangers d'une vie rude et l'excessive rigueur des lois rendaient la vie fort amère à Salem .. Dire que les disputes s'enflammaient vite semble un léger euphémisme.
En effet, deux femmes s'étant empoignées pour une question de blanchissage, les matrones du voisinage s'unirent pour accuser l'une d'elles et firent tant que la malheureuse fut pendue.
Tout commença avec l'arrivée du révérend Samuel Parris et son épouse, accompagnés de leur nièce Abigaïl Williams, de leur fille Elisabeth ainsi que leurs deux serviteurs, John Indian et sa femme Tituba en cette année de 1692.
Les deux jeunes filles de la maison se plaisaient en la compagnie de Tituba qui leur racontait pendant de longues heures les histoires à dormir debout, des histoires de son peuple en leur fredonnant de temps à autre des chants de son île natale. De plus elle leur fit démonstration, à l'insu du pasteur, de tours de magie. Elle prédisait également l'avenir à l'aide d'un verre et d'un blanc d'uf comme une boule de cristal improvisée. Mais attention, aux yeux des puritains, la divination était formellement interdite.
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Un soir
quelques jeunes filles s'étaient réunies comme à l'accoutumée pour une veillée à la
chandelle, en buvant du thé au rhum et une légère collation. Elles s'amusaient à se
faire peur, comme bon nombre d'entre-nous l'ont fait dans leur enfance, leur adolescence
et même au-delà. Ce soir là, le vent glacial d'un hiver particulièrement rigoureux,
surtout sous ces latitudes sifflait derrière les volets clos. On entendait dans le
lointain le hurlement de véritables loups féroces et affamés. En plus de cette ambiance
lugubre, la servante indienne leur racontait des histoires inquiétantes venues du fond
des temps. Le tout réunit, plongeait tous les enfants dans une agitation d'inquiétude
intense. Ce soir là où tout allait démarrer, se trouvaient réunies écoutant médusées Tituba la servante : Elisabeth Parris, Abigaïl Williams fille et nièce du pasteur Samuel Parris. Elisabeth Booth, Mary Walcott cousine de Ann Putnam fille du sergent Thomas Putnam et leur servante Mercy Lewis. Mary Warren servante chez John Proctor et Susannah Shelton. Elisabeth Hubbard servante du docteur Griggs et Sarah Churchill au service du septuagénaire Georges Jacob. |
Les demoiselles présentes à cette soirée, se livrèrent à des contorsions en jetant des cris comme des possédées, des hurlements à vous glacer le sang. Hurlant, tétanisées, bavant elles effrayèrent la foule venue en nombre de partout pour voir ce qu'il se passait.
Belzébuth était là parmi eux, comment l'éternel pourrait leur pardonner cette trahison ils allaient tous sombrer dans la damnation. " C'est le diable qui s'est emparé de ces pauvres petites. "
Après ces péripéties spectaculaires où ces demoiselles eurent la vedette, l'affaire se termina dans une atmosphère dramatique où la servante fut accusée de tous les maux et condamnée, on aurait pu lui faire avouer tout ce que l'on aurait souhaité lui entendre dire.
On prit l'avis d'un notable, fort savant en matière de satanisme. Un mémoire fut rédigé et l'on soumit les accusées à une visite corporelle en règle pour découvrir sur leur peau les stigmates du démon. Une verrue sur la fesse ., un grain de beauté , une plaque chauve et s'en était fait de l'examinée.
Les jeunes filles de bonne famille, après avoir accusé Tituba, ayant pris goût à l'aventure, se mirent à dénoncer leurs voisines, les femmes que jalousaient leurs mères ou bien n'importe qui.
Elles jetaient la nuit de hauts cris et clamaient que telle ou telle venait de les forcer à écrire sur le registre de Satan les noms des magistrats de la ville. On réunit un tribunal. Les jeunes accusatrices y parurent, profitant des circonstances et de l'audience pour se donner en spectacle, criant, vociférant et se trémoussant tout en jetant de terribles accusations.
En quelque semaines, plus d'une soixantaine de personnes furent accusées de sorcellerie hommes et femmes, quelques semaines après c'est plusieurs centaines d'accusés qui iront pourrir et perdre la vie dans des geôles insalubres. Condamnées à mort les premières sorcières furent pendues jusqu'à ce que mort s'ensuive. Pendant dix huit mois la terreur régna. Crises d'hystérie, accusations, jugements exécutions. Nombres d'exécutions sommaires eurent lieu ce n'est seulement qu'au mois de Mai 1693 que le gouverneur ordonnera la remise en liberté de plus de 150 personnes mettant ainsi un terme à cette tragédie.
Alors qu'en France, au temps où la psychose de sorcellerie fit de terribles ravages, les accusés avouaient avec un luxe de détails les méfaits les plus extravagants, on vit à Salem et ceci fait honneur à la force d'âme des hommes de ce pays, beaucoup de condamnés nier jusqu'au bout d'êtres coupables.
L'un deux même, qu'on étouffait sous un monceau de pierres déclara avant de mourir :
" Si je devais dire pour me sauver un mot qui ne serait pas la vérité, je ne le dirais pas ".
Tituba seule, la servante du Pasteur Samuel, parla d'une façon différente :
Question du Magistrat :
- Qui tourmente ces enfants ?
- Le Diable pour ce que j'en sais, dit-elle.
- Avez-vous déjà vu le Diable, dit le magistrat ?
- Le Diable est venu me trouver et m'a demandé de le servir pendant six ans.
Elle raconta pour donner bonne mesure une histoire extravagante d'un homme aux cheveux blancs vêtu de noir qui lui avait dit être Dieu. Puis un livre avec des marques rouges faites avec du sang et des jaunes aussi faites avec des plaquettes sans doute.
Des victimes il y en a eu dans cette histoire, en voici la liste comme sur le mur d'un monument aux morts.
Bridget Bishop, Salem. 19 avril, pendue le 10 juin
Georges Burroughs, Wells. 30 avril, pendu le 19 août
Gilles Corey, Salem. 18 avril, pressé à mort le 19 septembre
Martha Corey, Salem. 19 mars, pendue le 22 septembre
Lydia Dustin, Reading, 22 avril, morte en prison le 10 mai
Mary Easty,Topsfield. 22 avril, pendue le 22 septembre
Ann Foster, Andover. 25 juillet, morte en prison, date inconnue
Sarah Good, Salem. 29 février, pendue le 19 juillet
Elizabeth Howe, Topsfield. 28 mai, pendue le 19 juillet
George Jacobs Sr. Salem. 10 mai, pendu le 19 août
Susannah Martin, Amesbury. 30 avril, pendue le 19 juillet
Rebecca Nurse, Salem. 23 mars, pendue le 19 juillet
Sarah Osborne. 29 février, morte en prison le 10 mai
Alice Parker, Salem. 21 mai, pendue le 22 septembre
Mary Parker, Andover. 2 septembre, pendue le 22 septembre
John Proctor, Salem. 11 Avril, pendu le 19 août
Ann Pudeador, Salem. 12 mai pendue le 22 septembre
Martha Carrier, Andover. 28 mai, pendue le 19 mai
Gilmont Reed, Marblehead. 28 mai, pendu le 22 septembre
Margaret Scott, inconnue. 5 septembre, pendue le 22 septembre
Roger Toothaker, Billerica. 18 mai, mort en prison le 6 juin
Samuel Wardwell, Andover. 18 mai, pendu le 22 septembre
Sarah Wilds, Topsfield. 22 avril pendue le 19 juillet
John Willard, Salem. 22 avril, pendu le 19 juillet
On dit chez les savants, chez ceux qui trouvent à tout une explication normale, une
possibilité plausible reconnue par la science à tous ces phénomènes, qu'ils auraient
trouvé une solution pour nos sorcières de Salem
.et je me demande si
.. En fait, en voilà l'explication :
Les chercheurs disent qu'il serait possible que lors de leurs collations nocturnes, les
acteurs de cette histoire auraient pu ingurgiter malencontreusement un champignon
hallucinogène, pire encore : l'ergot du seigle (Champignon qui ressemble à l'ergot d'un
coq d'où son nom). Bien plus dangereux encore que notre bon vieux champignon
hallucinogène cette moisissure contiendrait un équivalant au LSD. Cet acide aurait pu
provoquer les spasmes, contractions musculaires, bave au bord des lèvres et tous les
symptômes relevés à Salem, ce qui à cette époque aurait pu facilement faire croire à
de la sorcellerie
..
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